France
- Chine, ça se réchauffe
Paris, le 14 octobre 2008
INTERVIEW : LA BRUME est revenue sur Pékin
mais les dirigeants chinois veulent dissiper
les nuages qui pourraient planer sur les relations
avec la France. Ils l’ont dit au secrétaire
général de l’UMP, Patrick
Devedjian, en visite en Chine jusqu’à
hier soir. Le 24 novembre, Nicolas Sarkozy
sera à Pékin pour assister au
7 e sommet Asie-Europe réunissant 63
chefs d’Etats représentant 60
% du PIB mondial.
Président de l’Union européenne,
il veut convaincre les Chinois de s’associer
au projet de sommet mondial qu’il souhaite
organiser avant la fin de l’année
pour tirer les conséquences de la crise
financière. Devedjian, reçu
au grand palais du Peuple par le vice-président
Xi Jinping, probable successeur de Hu Jintao
en 2012, a eu confirmation qu’ils y
étaient disposés : « Les
Chinois sont partants pour une coopération
financière et veulent être des
partenaires responsables de la réponse
mondiale à la crise », explique-t-il.
La croissance va tomber à 8 ou 10
%
C’est la première fois depuis
la création de l’UMP, en 2002,
qu’un membre aussi influent du PC chinois
recevait une délégation du parti
majoritaire. Les Chinois ont été
très sensibles à la souscription
lancée par l’UMP en faveur des
victimes du tremblement de terre, qui a rapporté
50 000 €.
En Chine, aucune banque n’a plongé.
Selon les milieux bancaires, les Chinois ont
quand même « avalé »
entre 200 et 400 milliards de dollars d’actifs
américains douteux. Ils possèdent
une impressionnante quantité de bons
du Trésor américain. A Pékin,
la bulle immobilière liée aux
JO s’est dégonflée, le
prix du mètre carré dans le
neuf a chuté. Quant panier moyen de
la ménagère dans les hypermarchés
de marque française, il plafonne à
10 €. Il faut le diviser au moins par
trois dans les campagnes. Les Chinois ont
compris que la récession en Europe
et aux Etats-Unis signifiait la baisse à
venir de leurs exportations, qui leur valent
de disposer d’une réserve de
change de 1 900 milliards de dollars. Ils
entendent doper la consommation intérieure.
Comme l’a expliqué un économiste
chinois à Patrick Devedjian, venu aussi
parler du quartier d’affaires de La
Défense, dans le département
des Hauts-de-Seine qu’il préside
: « La crise va durer jusqu’en
2011 et notre croissance qui était
l’an dernier de 11,3 % va tomber à
8 ou 10 % ces trois prochaines années.
Mais notre contribution à la croissance
mondiale restera bonne. »
Source :
Le parisien
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