Shanghai lance la construction de sa plus
haute tour
SHANGHAI, le 15 novembre 2008
A Shanghai, la plus grande ville du pays,
les travaux du métro bloquent de nombreuses
rues; le Bund est en train d'être totalement
rénové; et le site de l'Expo 2010 sort de
terre.
Dans le quartier d'affaires de Lujiazui,
le chantier de la Tour de Shanghai a débuté.
"Lancer la construction en cette période
va aider à renforcer la confiance de Shanghai
dans sa lutte contre la crise financière",
a noté Gu Jianping, directeur de la société
publique de Construction et de Développement
de la Shanghai Tower.
"C'est une période merveilleuse pour
faire débuter ce projet", a estimé Arthur
Gensler, fondateur et président du cabinet
Gensler Architecture, Design and Planning
Worldwide, basé à San Francisco. C'est lui
qui a dessiné la tour de plus 120 étages qui
devrait coûter 14,8 milliards de yuans (1,7
milliard d'euros).
"Les temps sont difficiles", a-t-il
confié, en énumérant tous les endroits où
les chantiers sont en suspens. "Beaucoup
de projets sont en mode pause jusqu'à ce que
le problème du financement soit réglé".
Avec cette faible demande, les prix des matériaux
de construction tels que l'acier, par exemple,
ont chuté de 30%, a expliqué Arthur Gensler
lors d'un entretien vendredi. La tour devrait
être achevée en 2014 et ses promoteurs tablent
sur une reprise d'ici là de la demande en
espaces de bureau.
La Shanghai Tower dépassera le Shanghai World
Financial Center, érigé par le magnat japonais
de l'immobilier Minoru Mori. La municipalité
veut que le plus haut gratte-ciel de la ville
soit financé et détenu par des Chinois.
"Je ne crois pas que ce soit une pure
question d'ego", a assuré Jun Xia, l'architecte
de Shanghai qui a dessiné la spirale du bâtiment,
une forme étudiée pour s'adapter au vent.
"Ce bâtiment reflète la valeur du terrain".
Le mètre carré à Shanghai demeure cher.
L'équipe d'Arthur Gensler a voulu une tour
écologique.
Il y a un espace entre le bâtiment lui-même
et le mur de verre extérieur. Cette "double
peau" l'isolera mieux et permettra des
économies de chauffage et de climatisation,
affirme l'architecte.
Le toit en forme d'entonnoir recueillera
les eaux de pluie, qui pourront être utilisées
pour tirer la chasse d'eau. Des éoliennes
fourniront assez d'électricité pour l'éclairage
extérieur de la tour.
D'après Arthur Gensler, ce genre de projets
n'est possible qu'en Chine et au Moyen-Orient.
A Dubaï, une fois achevée, la tour Burj Dubai
devrait dépasser les 1.000 mètres.
Source :
LA PRESSE CANADIENNE |