Le chinois Chinalco veut jouer dans la cour
des grands
BEIJING, 19 mars 2008
Après avoir pris une part conséquente
dans le groupe anglo-américain Rio
Tinto, l'entreprise d'Etat Chinalco parle
de se livrer à de nouveaux rachats.
Des ambitions qui inquiètent les grands
groupes miniers comme BHP Billiton, Rio Tinto
ou encore Vale, qui profitent actuellement
de l'envolée des cours des matières
premières.
La Chine pourrait bien venir perturber le
petit monde de la mine, déjà
très agité en ce moment. Alors
qu'un mouvement de concentration géant
se profile avec les offres de BHP Billiton
sur Rio Tinto, ou encore de Vale sur Xstrata,
un nouvel acteur de poids compte faire son
entrée sur la scène internationale.
Chinalco déjà présent
au capital de Rio Tinto
Il s'agit de l'entreprise d'Etat Chinalco,
qui a défrayé la chronique en
début d'année en annonçant
avoir pris une participation dans le numéro
deux mondial, Rio Tinto. Difficile de savoir
pour l'heure si cette manoeuvre avait pour
seul but de tenter de bloquer l'offre de BHP
sur Rio, ou si Chinalco entend monter davantage
au capital du groupe.
Selon les observateurs du secteur, l'arrivée
d'un acteur de poids chinois n'est qu'une
question de temps, alors que la demande de
la Chine en métaux connaît une
véritable explosion pour répondre
à son industrialisation galopante.
Certains prédisent l'arrivée
d'un tel groupe dans le top 10 des producteurs
miniers l'année prochaine, voire avant.
Et celui-ci pourrait bien être Chinalco
qui, après le coup de théâtre
de Rio Tinto, commence à lorgner d'autres
acquisitions.
Répondre aux besoins du pays
Pour la Chine, un tel mouvement serait tout
à fait souhaitable, puisque l'arrivée
d'un grand acteur national sur le secteur
pourrait permettre de juguler les prix des
métaux, qui connaissent actuellement
une phase de hausse vertigineuse. Un grand
producteur chinois, estiment les analystes,
n'hésiterait pas à lancer des
projets ambitieux, voire risqués, pour
combler l'appétit du pays en métaux.
En tant que premier consommateur demétaux
du monde, la Chine semble donc prête
à se donner les moyens de réaliser
une acquisition de poids, seule solution pour
mettre la main sur les ressources qu'elle
convoite.
Concurrence indienne
Mais la concurrence risque d'être rude
avec d'autres pays aux économies en
pleine croissance, comme le Brésil,
la Russie ou l'Inde, qui pourraient tenter
de s'emparer des mêmes cibles que celles
visées par la Chine.
Le Brésil a d'ailleurs déjà
dégainé, avec l'offre du numéro
trois mondial du secteur, Vale, sur le suisse
Xstrata. Une offre actuellement dans l'impasse,
mais pour laquelle Vale n'a pas encore jeté
l'éponge.
Source : Antoine
Pietri easybourse
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