La
Chine lance son marché à terme
de l'or
A Shanghaï, 9 janvier 2008
Shanghaï inaugure aujourd'hui son marché
à terme. L'objectif est de «permettre
aux producteurs et aux investisseurs de se
prémunir contre les fluctuations mondiales
de l'or».
Shanghaï inaugure aujourd'hui son marché
à terme. L'objectif est de «permettre
aux producteurs et aux investisseurs de se
prémunir contre les fluctuations mondiales
de l'or».
Il doit permettre d'améliorer les échanges,
au moment où le cours du métal
jaune s'envole.
Six ans après l'ouverture d'un marché
de l'or, et au moment où le métal
jaune bat tous les records, Shanghaï
doit inaugurer aujourd'hui son marché
à terme. L'objectif est de «permettre
aux producteurs et aux investisseurs de se
prémunir contre les fluctuations mondiales
de l'or», a annoncé le Shanghai
Futures Exchange (SFE), cité par l'agence
officielle Chine nouvelle.
En pleine construction de ses places boursières,
la Chine avance à petits pas. C'est
le second marché à terme qui
ouvre à Shanghaï, après
celui du zinc, lancé en mars dernier.
«Il s'agit d'une étape importante
pour le marché chinois de l'or, qui
présente actuellement des insuffisances,
pour ne pas dire des faiblesses. Cela va permettre
d'élargir l'accès au marché
et de professionnaliser davantage les opérations»
, estime Tiger Lai, président pour
la Chine, Taïwan et Hongkong de la société
de courtage Fareast Gold à Hongkong.
Concurrencer Chicago
La Chine a, comme souvent, beaucoup d'ambition
en la matière. Elle aimerait rivaliser
avec les plus grandes places mondiales, Tokyo,
New York et Chicago, et s'approprier une bonne
part du gâteau aurifère. L'empire
du Milieu s'est déjà fait un
nom dans le secteur en talonnant de près
les plus grands producteurs mondiaux. Avec
une production qui devrait dépasser
260 tonnes, selon la China Gold Association,
certains classements consacrent déjà
le pays comme le premier producteur d'or,
devant l'Afrique du Sud, l'Australie et les
États-Unis.
Du côté de la consommation d'or,
la Chine fait aussi figure d'ogre. La demande
s'est élevée en 2006 à
269 tonnes, soit 9,23% de la consommation
mondiale, et elle atteignait déjà
221 tonnes fin septembre dernier. À
ce rythme, la Chine talonne déjà
les États-Unis pour devenir le deuxième
consommateur mondial, derrière l'Inde.
Un appétit qui s'explique en grande
partie par la croissance vertigineuse des
bijoutiers dans ces deux pays, mais aussi
à l'essor de certaines industries de
haute technologie, qui ont recours au métal
jaune. Les autorités chinoises redoutent
cependant que les petits porteurs, déjà
très actifs sur la place boursière
de Shanghaï, ne soient pris par la fièvre
de l'or. La semaine dernière,
la China Banking Regulatory Commission (CBRC)
s'est fendue d'un communiqué, aux airs
de petit précis à l'usage des
apprentis boursicoteurs, mettant en garde
contre les investissements risqués.
Pour l'or, après avoir émoustillé
l'intérêt des particuliers à
coups d'annonces, en septembre dernier, la
SFE a finalement précisé que
chaque contrat à terme ne pourra pas
porter sur moins de 1000 grammes d'or par
lot, contre les 300 grammes d'abord annoncés.
Cet investissement écarte de fait
les petits porteurs pas assez riches, sans
peser sur les investisseurs institutionnels
pour qui cette valeur refuge peut être
utile. Les instances de régulation
chinoises craignent que les particuliers,
qui n'ont découvert la Bourse que très
récemment les marchés existent
depuis quinze ans et ne sont véritablement
actifs que depuis deux ans , ne se perdent
dans les subtilités des marchés
à terme.
Source : Le
figaro
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