Les
automobiles chinoises arrivent
Beijing, le 29 Février 2008
Hanghuan, Brilliance, Chery, Jonway…
Ils sont dix. Dix constructeurs chinois à
vouloir se lancer à l'assaut de l'Europe
et des Etats-Unis, à vouloir réitérer
le succès des véhicules japonais
et coréens.
Jusqu'à présent, l'Occident
était hors de portée du fait
de normes plus exigeantes et les voitures
chinoises s'étaient tournées
vers des pays moins regardants sur la sécurité
des utilisateurs ou les émissions de
gaz polluants comme l'Algérie, la Russie,
l'Iran, le Vietnam ou encore le Kazakhstan…
En 2007, la Chine a exporté 615 000
véhicules (+79 % par rapport à
2006) dont 189 000 voitures de tourisme dans
193 pays.
Maintes fois retardé, le lancement
d'un véhicule en France est pour bientôt.
China Automobile France, distributeur officiel
du constructeur Shanghuan Automobile, a récemment
annoncé qu'il avait obtenu des autorités
françaises "une autorisation de
commercialisation" pour le 4x4 CEO. En
juillet 2007, il avait reçu son homologation
européenne. "Ce sera le premier
véhicule chinois à être
commercialisé en France", indique
China Automobile France.
Déjà disponible en Russie,
en Roumanie et en Italie, ce véhicule
avait été présenté
en septembre 2007 au salon de Francfort. Il
sera vendu moins de 25 900 euros dans un réseau
de 40 points de vente. Le 4x4 CEO sera exposé
lors du salon du cabriolet, du coupé
et du 4x4 qui se tiendra du 4 au 6 avril prochain
à la Porte de Versailles à Paris.
China Automobile espère bien faire
homologuer prochainement un deuxième
véhicule : le 4x4 Ufo, fabriqué
par Jonway. Le distributeur vise 3 000 ventes
des deux modèles en année pleine.
D'autres véhicules chinois devraient
être bientôt commercialisés
en France. Asie Auto, distributeur exclusif
de Landwind et de Brilliance, espère
vendre prochainement le 4x4 X-pedition de
Landwind à un prix défiant toute
concurrence, aux alentours de 15 000 euros.
Le distributeur chinois bénéficiera
de l'ancien réseau de MG Rover, soit
140 points de vente dans l'Hexagone. Asie
Auto espère attirer une clientèle
encore un peu réticente à acheter
un modèle chinois. Cette auto est déjà
vendue en Allemagne et aux Pays-Bas.
D'ici l'été, une berline siglée
Brilliance pourrait également être
vendue en France. Toujours en attente d'homologation,
la BS2 se positionne sur le segment très
concurrentiel des véhicules compacts
comme la Toyota Auris ou la Golf de Volkswagen.
D'ici 2012, Asie Auto veut importer quatre
à cinq marques chinoises. Les constructeurs
misent sur des prix très attractifs
pour attirer les clients. Le prix de ces voitures
devrait être environ 20 % moins cher
que la concurrence, malgré des coûts
de transports représentant 10 % du
produit final et des droits de douane représentant
environ 10 %. Elisabeth Young, présidente
d'Asie Auto, préfère parler
de voitures à bas prix avec un bel
équipement. "Ce ne sont pas des
voitures dépouillées",
assure-t-elle.
Même si, dans l'immédiat, les
clients ne devraient pas se ruer sur les véhicules
de l'Empire du milieu, cette nouvelle concurrence
aura de quoi inquiéter les constructeurs
français et européens. Aucun
constructeur, qu'il soit européen ou
américain, ne mésestime la capacité
de leurs homologues à s'inspirer de
l'expérience des Japonais ou des Coréens
pour n'en retenir que les ingrédients
qui ont fait leur succès. Et surtout
leur force pour développer des copies…
En attendant, le premier crash test Euro
Ncap, un organisme international indépendant
créé en 1997 dont le but est
de tester la sécurité des véhicules,
sur une autre berline Brilliance, la BS6,
s'est révélé catastrophique.
L'essai réalisé en octobre 2007
par l'Adac, le plus grand automobile club
d'Allemagne, a en effet de quoi effrayer !
A 64 kilomètres à l'heure, la
voiture ressemble à du carton-pâte.
Le conducteur est emprisonné dans l'habitacle
et les blessures relevées au ventre
et à la poitrine ne lui laissent semble-t-il
que peu de chances de survie. La BS6 n'avait
récolté que 1,5 étoile
sur 5.
La majorité des voitures européennes
récoltent, elles, entre 4 et 5 étoiles
aux tests de chocs frontaux et latéraux.
A la suite de ce test, le vendeur de voitures
Cardoen avait même décidé
de retirer la Brilliance BS6 du marché
belge une semaine seulement après le
début de sa commercialisation. Neuf
clients avaient commandé leur voiture.
Source : Nathalie
Brafman Le
Monde
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